Vierge à l’enfant

IMPORTANTE VIERGE À L’ENFANT EN PIERRE CALCAIRE
POLYCHROMÉE DU XIVe SIECLE
ORIGINE : ATELIERS RHÉNO-MOSANS
ÉPOQUE : XIVe SIÈCLE
Hauteur : 106 cm
Largeur: 37 cm
Pierre calcaire
Polychromie bien conservée
Provenance : ancienne collection Pierre & Claude Vérité

IMPORTANT 14th CENTURY POLYCHROME LIMESTONE
VIRGIN AND CHILD
ORIGIN : RHENO-MOSAN WORKSHOPS
PERIOD: 14th CENTURY
Height : 106 cm
Length : 37 cm
Limestone
Good remnants of original polychromy
Provenance : old collection Pierre & Claude Vérité

 

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Description

Dans le culte, l’art et les usages du Moyen-Age, la vénération des saints jouit d’une place prépondérante. Dès lors, la Vierge Marie fait l’objet d’un culte important.
Les régions du Rhin et de la Meuse se sont affirmées de multiples façons sur le plan du culte sanctoral. Une place prépondérante est tenue par la Vierge Marie. La légende rapporte que déjà l’évêque Materne aurait édifié des églises Notre-Dame à Tongres, Maestricht, Huy, Dinant, Ciney et Walcourt. Ceci prouve que ces églises de Notre-Dame ont été considérées comme de très anciennes institutions. Le grand nombre d’églises consacrées à la Vierge en pays mosan montre également l’importance du culte de Marie dans cette région.
Alors que le maniérisme triomphe dans la statuaire allemande dès la seconde moitié du XIIIe siècle – à partir de 1270 environ – et s’y épanouit jusqu’au XVe siècle, les ateliers de la Meuse moyenne paraissent n’avoir suivi que de loin cette mode qui les écartait trop du réalisme modéré dont avait vécu antérieurement l’art de ce pays, malgré l’influence et l’imitation d’oeuvres étrangères. Les Vierges françaises, souriantes et cambrée, portent des draperies surchargés de plis aux enroulements de parchemin, tandis que les statues mosanes ont rarement des étoffes compliquées, un hanchement excessif ou un sourire trop accentué.
Parmi les statues du XIVe siècle qui subsistent dans cette région, plusieurs sont des importations et émanent d’atelier parfois fort éloignés – de Souabe ou de Bohême – d’autres sont si fortement pénétrées d’influences extérieures qu’on ne peut guère les étudier que comme des manifestations du rayonnement des écoles françaises et allemandes.
L’influence française dans le pays mosan s’accuse fortement au XIIIe siècle et ne commence à décroître que vers le second tiers du quatorzième.

Bientôt cependant, de nombreux contacts avec l’art allemand sont perceptibles, et il est des modèles français que les sculpteurs mosans ne semblent connaître qu’à travers la transcription qu’en ont faite des artistes rhénans.
Dans les dernières années du XIVe siècle se produisent le développement et l’expansion des écoles de Bohême et de Souabe, dont les “belles Madones” et les Pieta se multiplient et sont exportées au loin.
L’attitude cambrée de la Vierge est motivée par le poids de l’enfant porté haut sur son côté gauche.
Elle porte une robe verte à l’encolure soulignée d’un galon doré agrémenté de pierreries. Son manteau rouge qu’elle porte sur son épaule droite revient à l’avant, en tablier. Sa taille haute est soulignée par une fine ceinture. La surface du drapé, souple, s’anime doucement de plis tantôt en faible relief, tantôt creusés plus profondément.
Son voile court est retenu par une couronne à fleurons. Son doux visage juvénile, encadré de mèches de cheveux blonds ondoyants, présente un nez droit, des yeux bleus en amande, une bouche bien dessinée, esquissant un léger sourire et surmontant un menton rond, creusé d’une fossette.
Dans sa main droite elle tenait une fleur dont seule la tige nous est parvenue.
Sur son avant-bras gauche, elle tient son fils dont la longue tunique, typique du XIVe siècle, se répand en chute sur la hanche gauche de sa mère. Son petit pied nu dépasse le bord de sa robe. Son visage enfantin rappelle celui de sa mère. De sa main gauche, l’enfant tient une grappe de raisin, tandis que de l’autre, il joue avec la cordelette du manteau de Marie.
La qualité de la draperie, la souplesse des beaux plis disposés sur la jambe droite, la noblesse de l’expression et de l’attitude et aussi, détail qui a sa valeur, la proportion bien observée de l’Enfant, l’importance donnée à cette petite figure, si souvent mal construite.
D’après Louis Réau, la grappe de raisin est « le symbole de l’Église et du Sauveur crucifié dont le sang se transforme en vin eucharistique ».
Ce très rare exemple de Vierge au raisin à l’aspect élégant et délicat, à l’attitude noble, rappelle le réalisme modéré des ateliers rhéno-mosans. Les artistes qui y travaillaient reprirent le modèle des Vierges d’Ile de France tout en l’adoucissant. Le hanchement se fait alors moins accentué, le drapé est plus sobre et son mouvement, plus tranquille.

 


 

The Virgin is depicted in a arched posture because of the weight of the child she’s carrying high on her left side.
She wears a green dress with the collar highlighted by a gilt and stone incrusted braid. The red cloak laying on her right shoulder covers the front of her body as an apron. Her high waist is marked by a belt. The surface of the supple drapery is animated by deep and faint pleats.
The Virgin is covered by a short veil maintained by a crown. Framed by strands of blond hair Mary’s sweet and juvenile face presents a straight nose, blue almond-shaped eyes, well-drawn mouth slightly smiling and a round chin with a cleft.
In her right hand she holds a flower of which only the stem remains. On her left fore-arm she carries her son whose long tunic falls delicately on his mother’s hip. His small bare feet overlaps from the tunic, typical of the 14th century. His juvenile face echoes his mother’s. In his left hand the child holds a grape while with the other hand he’s playing with the string of Mary’s cloak.
According to Louis Réau, the grape stands for the Church and the crucified saviour whose blood turns into eucharistic wine.
This very rare example of the Virgin and Child with grape presents an elegant and delicate figure and noble attitude in the realistic manner of Rheno-Mosan workshops. The artists working there used models form Ile-de-France while softening them. The arch posture is less accentuated, the drapery more sober and the movement quieter.

Literature
MARGUERITE DEVIGNE, La sculpture Mosane du XIIe au XVIe siècle.
LOUIS REAU, Iconographie de l’Art Chrétien, Presses Universitaires de France, 1958.