• Période: XVIe siècle

• Origine : Espagne

• Matériaux : Bois de noyer, polychromie, dorure et évidée au dos

• Dimensions : H : 86 cm ; L : 64 cm

• État : Magnifique état

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• Period: 16th century

• Origin: Spain

• Materials: Walnut wood

• Dimensions: H : 86 cm ; L : 64 cm

• Condition: Very good condition

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Description

Cette exceptionnelle sculpture en bois de noyer et de grande dimension représente une Vierge de Pitié, aussi appelé Pietà. Après la descente de la croix, Marie tient Jésus mort sur ses genoux. Ce moment très émouvant ne se trouve pas dans la Bible, mais se repend, avec d’autres thèmes nouveaux, en Europe via le mouvement de la Devotio moderna. Ce courant de pensée, né dans l’aire germanique à la fin du XVe siècle, a pour but de réformer l’Église, de moderniser la foi, supprimer les intermédiaires entre les fidèles et Dieu et faire des personnages saints des modèles de vie et de piété mais accessibles en insistant sur leur humanité. En rendant la foi plus active et personnelle, l’Homme devient source de son propre Salut : les expériences terrestres deviennent des occasions d’imiter le Christ pendant sa propre vie sur Terre, d’agir comme lui et ainsi mériter le Salut. À cette période se développe également la dévotion à la Vierge, notamment à travers le thème de la Vierge de Pitié, populaire en Europe pendant tout le XVe et le XVIe siècle. C’est la douleur de la Vierge, celle d’une mère endeuillée qui est présenté aux fidèles via les figures de Pietà. Parfois anéantie par le chagrin, avec le visage marqué de douleur ; et parfois à l’expression sereine reflet de l’acceptation du sacrifice de Jésus ; ces Vierges représentent un vaste panel d’émotions. La plus célèbre de toutes est celle réalisée par Michel-Ange en 1498-1499, aujourd’hui dans la Basilique Saint-Pierre de Rome. L’impact de cette sculpture sur la scène artistique de l’époque est plus qu’important : la technique de sculpture, la finesse des détails et le renom de Michel-Ange font de cette Pietà un des chefs-d’oeuvre de la Renaissance.

Plusieurs similarités peuvent être trouvées avec notre oeuvre : la posture de la Vierge, son aspect juvénile pour une mère d’un homme de 33 ans, le corps avachi du Christ et les importants jeux de drapés du manteau de la Vierge. Le visage de Marie reprend également ici, des traits que l’on retrouve surtout chez les Vierges italiennes : le visage fin, symétrique et d’une grande douceur. En revanche, notre pièce se distingue de celle de Rome par le visage du Christ marqué par la mort, les blessures de la Passion qui sont présentes sur son corps (les stigmates : sur la main, les pieds, sur le côté droit du thorax), et surtout la posture lâche et déformée du Christ qui épouse parfaitement les genoux de sa mère. En bois polychromé et doré, notre pièce met en avant la diversité et richesse des textiles : la robe de la vierge, son manteau et le périzonium de Jésus sont décorés d’impressionnants motifs via la technique de dorure sur bois de l’estofado.
Notre pièce est à rapprocher du travail du sculpteur espagnol Alonso Berruguete et de son atelier. Sculpteur de talent à la formation de peintre, Berruguete est connu pour ses grands ensembles de retable à la composition complexe et aux personnages nombreux. Des éléments de notre Pietà se retrouvent dans d’autres oeuvres du corpus de Berruguete et permettent donc un rapprochement. Sur le retable Mayor du Monastère de la Mejorada à Olmedo (dans la province de Valladolid en Castille-et-Leon), réalisé entre 1523 et 1526 par Berruguete et son atelier, nous pouvons constater sur plusieurs scènes que le motif des vêtements des personnages est similaire à celui de la robe de notre Vierge : un tissu rouge, des motifs dorés végétaux, une grosse marguerite et une bordure linéaire. Notons d’ailleurs que dans l’oeuvre de Berruguete, la Vierge porte une robe rouge aux motifs végétaux dorés de manière régulière. Nous trouvons également des similitudes de composition avec la Madonna della Cintola (1516-1517, Basilique du Saint Esprit, Florence) qui est une des seules oeuvres de Berruguete faite lors de son séjour en Italie, parvenue jusqu’à nous.
Alonso Gonzalez Berruguete (v.1490- 1561) était un peintre et sculpteur espagnol qui fût une des figures majeures de la Renaissance ibérique. Il est le fils de Pedro Berruguete, un peintre qui travailla à la cour des Montefeltro à Urbino et qui introduisit la peinture du Quattrocento en Castille tout en maintenant la filiation flamande héritée des Pays-Bas Espagnols.
Ces années d’apprentissage en Italie et les nombreuses influences qu’il y rencontre vont donner naissance à un style très personnel et très expressif : renouant avec l’esthétisme de la fin de la période gothique tout en la modernisant, il insuffle vie et esprit dans les formes qu’il créait allant jusqu’à extérioriser la passion et les sentiments de ses figures.
Artiste complet, véritable homme d’affaires et maître d’atelier compétant ; Alonso Berruguete laisse un grand nombre de disciples et de suiveurs qui reprendront les expressions exagérées de ses figures pour créer un maniérisme espagnol dont le Greco est le plus éminent héritier. Artiste longtemps inconnu du grand public en dehors de l’Espagne, l’art de Berruguete bénéficie d’un intérêt mondial nouveau depuis quelques décennies qui se concrétise à travers des études de ses dessins réalisés en Italie ; une révision de son rôle dans la renaissance de la sculpture espagnole ou encore une merveilleuse exposition à la National Gallery of Art en 2019-2020.
Très inspirée de celle de Michel-Ange dans sa composition, notre Pietà répond cependant sur de nombreux points, de la tradition espagnole de la sculpture sur bois. Réalisée fraîchement après son retour d’Italie, cette oeuvre démontre de la capacité de Berruguete à adapter et moderniser la sculpture traditionnelle ibérique, en y ajoutant ses propres acquis techniques et les modèles italiens de son époque8. Son excellent état de conservation nous permet de profiter de la grande délicatesse des détails, de l’éclat de la dorure et des couleurs ainsi que de l’incroyable technicité des artisans l’ayant façonnée.

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This exceptional sculpture in walnut wood and large size represents a Virgin of Pity, also called Pietà. After the descent from the cross, Mary holds the dead Jesus in her lap. This very moving moment is not found in the Bible, but is spread, along with other new themes, in Europe via the movement of the Devotio moderna. This current of thought, born in the Germanic area at the end of the 15th century, aimed to reform the Church, to modernize the faith, to eliminate the intermediaries between the faithful and God and to make the holy figures models of life and piety but accessible by insisting on their humanity. By making faith more active and personal, Man becomes the source of his own salvation: earthly experiences become opportunities to imitate Christ during his own life on Earth, to act like him and thus merit salvation. During this period, devotion to the Virgin Mary also developed, particularly through the theme of the Virgin of Pity, popular in Europe throughout the 15th and 16th centuries. It is the pain of the Virgin, that of a bereaved mother who is presented to the faithful through the figures of Pietà. Sometimes shattered by grief, with a face marked by pain, and sometimes with a serene expression reflecting the acceptance of Jesus’ sacrifice, these Virgins represent a wide range of emotions. The most famous of all is the one created by Michelangelo in 1498-1499, now in St. Peter’s Basilica in Rome. The impact of this sculpture on the artistic scene of the time is more than important: the sculpting technique, the fineness of the details and Michelangelo’s reputation make this Pietà one of the masterpieces of the Renaissance.
Several similarities can be found with our work: the posture of the Virgin, her youthful appearance for the mother of a 33 year old man, the slumped body of Christ and the important play of draperies on the Virgin’s cloak. The face of Mary also has features that are found especially in Italian Virgins: the face is thin, symmetrical and very gentle. On the other hand, our piece differs from the one in Rome by the face of Christ marked by death, the wounds of the Passion that are present on his body (the stigmata: on the hand, the feet, on the right side of the thorax), and especially the loose and deformed posture of Christ that perfectly fits the knees of his mother. Made of polychromed and gilded wood, our piece highlights the diversity and richness of the textiles: the Virgin’s dress, her cloak and the perizonium of Jesus are decorated with impressive motifs using the gilding technique of estofado.
Our piece is related to the work of the Spanish sculptor Alonso Berruguete and his workshop. A talented sculptor trained as a painter, Berruguete is known for his large altarpieces with complex composition and numerous figures. Elements of our Pietà can be found in other works of Berruguete’s corpus and thus allow a comparison. In the Mayor altarpiece of the Monastery of La Mejorada in Olmedo (in the province of Valladolid in Castile and Leon), made between 1523 and 1526 by Berruguete and his workshop, we can see in several scenes that the motif of the characters’ clothes is similar to that of our Virgin’s dress: a red fabric, golden vegetal motifs, a large daisy and a linear border. Note that in the work of Berruguete, the Virgin wears a red dress with gold plant motifs in a regular manner. We also find similarities in composition with the Madonna della Cintola (1516-1517, Basilica of the Holy Spirit, Florence) which is one of the only works by Berruguete made during his stay in Italy that has come down to us.
Alonso Gonzalez Berruguete (c.1490- 1561) was a Spanish painter and sculptor who was one of the major figures of the Iberian Renaissance. He was the son of Pedro Berruguete, a painter who worked at the court of the Montefeltro family in Urbino and who introduced Quattrocento painting to Castile while maintaining the Flemish lineage inherited from the Spanish Netherlands.
These years of apprenticeship in Italy and the many influences he encountered there gave rise to a very personal and expressive style: reviving the aestheticism of the late Gothic period while modernizing it, he breathed life and spirit into the forms he created, going so far as to externalize the passion and feelings of his figures.
A complete artist, a true businessman and a competent workshop master, Alonso Berruguete left a large number of disciples and followers who would take up the exaggerated expressions of his figures to create a Spanish mannerism of which El Greco is the most eminent heir. An artist long unknown to the general public outside of Spain, Berruguete’s art has been enjoying a new worldwide interest in recent decades, which is taking shape through studies of his drawings made in Italy; a review of his role in the renaissance of Spanish sculpture; and a wonderful exhibition at the National Gallery of Art in 2019-2020.
Very much inspired by Michelangelo’s Pietà in its composition, our Pietà responds in many ways to the Spanish tradition of woodcarving. Made freshly after his return from Italy, this work demonstrates Berruguete’s ability to adapt and modernize traditional Iberian sculpture, adding his own technical knowledge and the Italian models of his time8. Its excellent state of conservation allows us to enjoy the great delicacy of the details, the brilliance of the gilding and the colors, as well as the incredible technical skill of the craftsmen who made it.

Informations complémentaires

Dimensions 86 × 64 × 40 cm
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