• Matériaux : Peinture à l’huile sur toile

• Dimensions : H. 203 cm, L. 258 cm

• Origine : Anvers, Pays-Bas espagnols, Atelier de Pierre Paul Rubens

• Période : début du XVIIe siècle

• Etat de l’oeuvre : Excellent état

                                                       

• Material : Oil painting on canvas

• Dimensions : H. 203 cm W. 258 cm

• Origin : Antwerp, Spanish Netherlands. Workshop of Peter Paul Rubens 

• Period : 17th century

• Condition of the work : Excellent condition

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Description

Cet important format, 203 x 258 cm, offre au spectateur une scène de chasse aux félins. Le sujet choisi nécessite une représentation mettant en exergue le mouvement de cette activité dynamique, ce à quoi chaque élément de l’oeuvre participe. En effet, une grande agitation émane de ce tableau, confondant agressions animales et attaques humaines. Cette particularité de confusion et d’effervescence des actions est d’ailleurs accentuée par l’illogisme des personnages représentés conjointement, c’est-à-dire, deux cavaliers sensiblement contemporains portant une amure, trois cavaliers de type ottoman coiffés de turbans et enfin deux hommes en tunique, aux allures antiques et à pieds contrairement aux cinq autres. De plus, trois types de félin sont remarquables, d’une part un lion, mais également un léopard et deux tigres. Enfin, s’ajoute à cette agitation picturale de multiples couleurs très contrastées ainsi qu’une importante puissance expressive. L’oeuvre fait preuve d’une grandiose démonstration de virtuosité plastique et d’étude approfondie des animaux représentés en mouvement et individualisés. 

Nous devons la création de ce sujet, et par extension de ce modèle, à Pierre Paul Rubens. Celui que l’on appelait « le plus flamand des peintres des Pays-Bas » est né en Allemagne à Siegen (Westphalie) en 1577. Il entre tout d’abord en apprentissage chez Tobias Verhaecht, un peintre paysagiste, puis à Anvers il étudiera auprès de deux peintres d’histoire : Adam Van Noort et Otto Venius. Le jeune peintre passa quatre ans chez chacun d’eux, selon Roger de Piles qui se base sur la Vie de Rubens rédigée par Philippe Rubens (son neveu). En 1598, il intégra la Guilde de St Luc également à Anvers avant de partir à l’âge de 23 ans, en 1600, pour l’Italie où il séjourna huit ans. Il acquit au cours de ce voyage une réelle culture visuelle, qui associait à son talent plastique et ses connaissances acquises lors de ses études qui précédèrent son entrée en atelier, firent de lui un artiste complet, que Marie-Anne Lescouret présente ainsi : « peintre, humaniste et diplomate, Rubens est l’homme de la transition entre l’Italie et la Flandre, la Renaissance et le Baroque ». 

Le prestige de Rubens peut se vérifier par les commandes qui lui sont faites, parmi elles, une série de quatre tableaux lui est requis par Maximilien Ier de Bavière entre 1615 et 1616. Cet ensemble décoratif comprend quatre oeuvres sur le thème de la chasse : la chasse au sanglier, la chasse au crocodile et à l’hippopotame, la chasse au lion et enfin la chasse au tigre (également appelée chasse aux tigres, lion et léopard). Ce dernier tableau, conservé au musée de Rennes, possède un langage pictural excessivement narratif, tout à fait caractéristique de la peinture, imprégnée de dramatique et d’expression, de Rubens dans les années 1610. 

L’oeuvre est considérée comme étant particulièrement démonstrative de l’habilité de Rubens à réaliser des peintures animalières. En effet, Rubens fut l’un des premiers à s’intéresser à la représentation du monde animal pour autre chose que la recherche scientifique et à en faire un sujet à part entière. Un livre de compte de Rubens montre l’achat entre 1613 et 1617 d’un certain nombre de livres de zoologie. A l’aide de ceux-ci, le peintre pouvait alors réaliser des oeuvres documentées et par conséquent empruntes de réalisme. De plus, les zoos flamands du XVIe et XVIIe siècles abrités pour beaucoup des lions, il est donc très fort probable que Rubens est pu en observer à Gand. A contrario, la présence de tigres y est nettement moins fréquente, voire inexistante, cela explique alors qu’il n’y ait pas de distinction anatomique dans la représentation des trois types félins. Il est fort possible que Rubens est fait appel à Snyders, peintre animalier, pour la réalisation de ces figures. En effet, ce dernier, qui faisait parti de l’atelier de Rubens sans être l’un de ses élèves, était souvent sollicité pour réaliser des modèles pour ses tableaux de chasse. En ce qui concerne les chevaux, notamment celui présenté en train de cabrer au centre, Rubens puise directement dans les oeuvres de prédécesseurs. En l’occurence, le peintre semble s’être inspiré de la Bataille d’Anghiari de Léonard de Vinci dont Rubens avait lui-même réalisé un dessin en 1603. 

La capacité de Rubens à observer et à renouveler lui permet donc créer de nouveaux sujets, et de révolutionner la peinture animalière en lui conférant une nouvelle contenance, dédouanée de sa valeur décorative initiale, pour parvenir, grâce à l’étude, à l’individualisation des animaux, à qui une expressivité est offerte. De plus, Rubens parvient à hisser la peinture animalière au rang de peinture d’Histoire en usant d’un format aux dimensions considérables, normalement réservé au genre noble. Pour toutes ces raisons, cette oeuvre de Rubens connut un vif succès, comme le prouve notamment la présence de cette toile dans l’un des tableaux de Jan Brueghel l’Ancien datant de 1617, L’allégorie de la Vue. Cet engouement de la réception se vérifie également par les nombreuses commandes de « copies » à partir de ce modèle. Arnout Balis, en 1986, en dénombre 21 dans le catalogue Corpus Rubenianum. Ces copies sont clairsemées entre différents musées et collections privées. Aux vues de la qualité de notre oeuvre, nous pouvons soumettre l’hypothèse selon laquelle elle ferait partie des 21 tableaux recensés. Après étude du catalogue, deux oeuvres (n°18 ou n°20) possèdent des informations manquantes, nous laissant alors supposer que notre pièce pourrait correspondre à l’une d’elles. De plus, ces deux tableaux ont été aperçus pour la dernière fois en Belgique, et notre oeuvre est elle-même issue d’une collection particulière belge. Toutes deux attribuées à l’atelier de Rubens, elles témoignent de la puissance de ce dernier, car l’une des raisons de l’immense succès et de la postérité que connut Rubens est l’importance de son atelier. En effet, me prestige des commandes ainsi que notoriété de Rubens attirèrent de nombreux jeunes talents pour travailler aux côtés du maître, conférant alors à l’atelier un réel prestige, notamment permis par l’organisation et la rapidité d’exécution. Ce système permettait donc une importante production afin de répondre aux attentes des commanditaires et de réaliser un grand nombre d’oeuvres à qui la provenance de l’atelier de Rubens conférait une certaine autorité. Rappelons que le principe de copie était tout à fait assumé par Rubens qui avait lui même réalisé cinq catégories de tarifs pour les oeuvres provenant de son atelier : allant de celles réalisées de sa main, les plus chères aux « copies légitimes » réalisées par ses élèves ou collaborateurs, sans retouche de sa main. C’est donc dans cette dernière catégorie que notre oeuvre se place. Notre tableau se distingue donc pour de multiples raisons. Il est à la fois issu de l’un des plus grands ateliers d’artiste du XVIIe siècle, celui de Rubens, mais il est aussi réalisé avec une grande attention, comme le prouve son format ainsi que la précision de son traitement picturale. Enfin, il témoigne de l’engouement naissant en Europe à cette époque pour les représentations de scènes de chasse, mettant l’animal en exergue. 

                                                       

This large format, 203 x 258 cm, offers the spectator a scene of cat hunting. The chosen subject requires a representation highlighting the movement of this dynamic activity, in which each element of the work participates. Indeed, a great agitation emanates from this painting, confusing animal aggressions and human attacks. This peculiarity of confusion and effervescence of actions is further accentuated by the illogicality of the characters represented together, that is, two substantially contemporary horsemen wearing a tack, three Ottoman-type riders wearing turbans and finally two men in tunics, with an antique look and on foot unlike the other five. In addition, three types of felines are remarkable, a lion, a leopard and two tigers. Finally, in addition to this pictorial agitation, there are multiple, highly contrasting colours and a great expressive power. The work is a grandiose demonstration of plastic virtuosity and in-depth study of the animals represented in movement and individualized. 

We owe the creation of this subject, and by extension of this model, to Peter Paul Rubens. The so-called « most Flemish of Dutch painters » was born in Siegen (Westphalia) in Germany in 1577. He first apprenticed with Tobias Verhaecht, a landscape painter, and then studied in Antwerp with two history painters: Adam Van Noort and Otto Venius. The young painter spent four years with each of them, according to Roger de Piles, based on the Life of Rubens by Philip Rubens (his nephew). In 1598 he joined the Guild of St Luke, also in Antwerp, before leaving at the age of 23, in 1600, for Italy, where he stayed for eight years. During this journey he acquired a real visual culture, which combined with his plastic talent and the knowledge he acquired during his studies that preceded his entry into the studio, made him a complete artist, which Marie-Anne Lescouret presents as follows: « A painter, humanist and diplomat, Rubens is the man of the transition between Italy and Flanders, the Renaissance and the Baroque.

Rubens’ prestige can be seen in the commissions he received, among them a series of four paintings commissioned by Maximilian I of Bavaria between 1615 and 1616. This decorative ensemble comprises four works on the theme of hunting: the boar hunt, the crocodile and hippopotamus hunt, the lion hunt and finally the tiger hunt (also known as the tiger, lion and leopard hunt). This last painting, kept at the Musée de Rennes, has an excessively narrative pictorial language, quite characteristic of the painting, imbued with drama and expression, of Rubens in the 1610s. 

The work is considered to be particularly demonstrative of Rubens’ ability to create animal paintings. Indeed, Rubens was one of the first to take an interest in the representation of the animal world for something other than scientific research and to make it a subject in its own right. An account book by Rubens shows the purchase between 1613 and 1617 of a number of zoological books. With the help of these, the painter was able to create documented and therefore realistic works. In addition, the Flemish zoos of the 16th and 17th centuries housed many of the lions, so it is very likely that Rubens was able to observe some of them in Ghent. On the other hand, the presence of tigers is much less frequent or even non-existent, which explains why there is no anatomical distinction in the representation of the three feline types. It is quite possible that Rubens called upon Snyders, an animal painter, for the realization of these figures. Snyders, who was a member of Rubens’ studio but not one of his students, was often asked to make models for his hunting pictures. As far as horses are concerned, especially the one shown rearing in the centre, Rubens draws directly from the works of his predecessors. In this case, the painter seems to have been inspired by Leonardo da Vinci’s Battle of Anghiari, a drawing of which Rubens himself drew in 1603. 

Rubens’ ability to observe and renew thus allows him to create new subjects, and to revolutionize animal painting by giving it a new capacity, free of its initial decorative value, to achieve, through study, the individualization of animals, to whom expressiveness is offered. Moreover, Rubens manages to elevate animal painting to the rank of history painting by using a format of considerable dimensions, normally reserved for the noble genre. For all these reasons, Rubens’s work was a great success, as evidenced by the presence of this painting in one of Jan Brueghel the Elder’s paintings from 1617, The Allegory of Sight. This popularity of the reception is also confirmed by the numerous orders for « copies » based on this model. Arnout Balis, in 1986, lists 21 of them in the catalogue Corpus Rubenianum. These copies are scattered among different museums and private collections. In view of the quality of our work, we can submit the hypothesis that it is one of the 21 paintings listed. After studying the catalogue, two works (n°18 or n°20) have missing information, leading us to suppose that our piece could correspond to one of them. Moreover, these two paintings were last seen in Belgium, and our work itself comes from a private Belgian collection. Both paintings are attributed to Rubens’ studio and are a testimony to the power of Rubens, because one of the reasons for Rubens’ immense success and posterity is the importance of his studio. Indeed, the prestige of the orders as well as the fame of Rubens attracted many young talents to work alongside the master, giving the workshop a real prestige, particularly due to its organisation and speed of execution. This system allowed for a large production to meet the expectations of the clients and to produce a large number of works to which the origin of Rubens’ workshop conferred a certain authority. It should be remembered that the principle of copying was fully assumed by Rubens, who himself had established five categories of tariffs for works from his studio: from those made by his own hand, the most expensive, to « legitimate copies » made by his students or collaborators, without any retouching by his hand. It is thus in this last category that our work falls. Our painting therefore stands out for many reasons. It comes from one of the greatest artist’s workshops of the 17th century, that of Rubens, but it is also produced with great care, as shown by its format and the precision of its pictorial treatment. Finally, it testifies to the craze in Europe at that time for representations of hunting scenes, highlighting the animal. 

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Dimensions 203 × 258 × 5 cm
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